
Arbuste toujours vert des coteaux calcaires bourguignons, le Buis commun forme des buxaies denses sur les corniches sèches. Depuis peu, ses peuplements sont ravagés par la pyrale du buis, un papillon exotique.
Le Buis commun (Buxus sempervirens) est un arbuste toujours vert au feuillage dense et sombre, familier des jardins mais aussi véritable élément de la flore sauvage bourguignonne. Sur les coteaux calcaires secs, il forme des fourrés compacts, les buxaies, qui verdissent les corniches même au cœur de l'hiver.
Comment le reconnaître ?
- De petites feuilles ovales, coriaces, luisantes dessus et persistantes toute l'année.
- Des rameaux quadrangulaires et un port buissonnant très ramifié.
- Des fleurs minuscules, verdâtres et sans pétales voyants, mais odorantes et très visitées par les abeilles au tout début du printemps.
- Un bois exceptionnellement dur et dense, jaunâtre, jadis prisé en tabletterie et pour la gravure.
Écologie : l'arbuste des coteaux calcaires
Le Buis est une espèce calcicole et thermophile : il colonise les pentes chaudes, les corniches et les sous-bois clairs sur substrat calcaire, où il supporte la sécheresse estivale et les sols superficiels. En Bourgogne, il marque les coteaux de la Côte-d'Or, les reliefs calcaires du Mâconnais et du Chalonnais et certaines pentes du sud de l'Yonne. Sa croissance est très lente et sa longévité remarquable, ce qui fait des vieilles buxaies des milieux stables et structurants pour la faune des coteaux secs.
Une menace récente : la pyrale du buis
Depuis les années 2010, les buxaies françaises subissent les ravages de la pyrale du buis (Cydalima perspectalis), un papillon originaire d'Asie introduit accidentellement en Europe. Ses chenilles vert et noir dévorent le feuillage et l'écorce, pouvant défolier entièrement un buisson en quelques semaines. Les attaques répétées épuisent les pieds et provoquent des dépérissements massifs, y compris sur les buis sauvages des coteaux bourguignons.
À cela s'ajoute un champignon, la cylindrocladiose (dépérissement du buis), qui affaiblit également les peuplements. La combinaison de ces deux fléaux modifie durablement le paysage des coteaux calcaires, où les buxaies grises et défeuillées remplacent par endroits le vert sombre d'autrefois. La régénération naturelle reste possible, car les souches épuisées peuvent rejeter après le passage des chenilles, mais l'avenir des grandes buxaies sauvages demeure incertain.
Un habitat à préserver
Au-delà de sa silhouette, le Buis structure des milieux entiers. Sur les corniches et les pentes sèches, la buxaie tempère la chaleur au sol, retient un peu d'humidité et offre un abri persistant à toute une faune de coteau — insectes, reptiles, oiseaux nicheurs. Sa disparition locale ne concerne donc pas seulement une espèce, mais tout un cortège lié aux versants calcaires de la Côte-d'Or et du Mâconnais. Suivre l'évolution des buxaies bourguignonnes est ainsi devenu un enjeu de conservation des coteaux secs.
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Sources & références
- Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) — Buxus sempervirens.
- Conservatoire botanique national du Bassin parisien.
Planche mise à jour le 26 juillet 2026.



