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Stratégie & Biodiversité
de Bourgogne

Atlas naturaliste · Faune · Flore · Milieux


Planche N°11 · Arbres & arbustes

Chêne pédonculé

Quercus robur L., 1753

Règne Végétal Classe Dicotylédones Ordre Fagales Famille Fagacées
Chêne pédonculé (Quercus robur)
Chêne pédonculéQuercus robur. © Jean-Pol GRANDMONT / Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0

Chêne des sols frais et profonds, le Chêne pédonculé est un pilier de la biodiversité forestière bourguignonne : un seul vieil arbre héberge des centaines d'espèces, notamment un riche cortège d'insectes saproxyliques.

Le Chêne pédonculé (Quercus robur) est, avec son cousin le chêne sessile, l'arbre roi des forêts de plaine bourguignonnes. Massif, à la cime large et tourmentée, il domine les fonds de vallée et les sols riches. Son nom vient des glands portés par un long pédoncule, caractère qui permet de le distinguer sûrement des autres chênes.

Comment le reconnaître ?

  • Des glands groupés sur un long pied (pédoncule), pendant sous le rameau.
  • Des feuilles à pétiole très court, presque sessiles, à lobes irréguliers et à la base munie de deux petites oreillettes.
  • Une écorce épaisse, gris-brun, profondément crevassée chez les sujets âgés.
  • Un port trapu et étalé lorsqu'il pousse à découvert, avec de grosses branches sinueuses.

Écologie : un arbre des sols frais

Contrairement au chêne sessile qui supporte la sécheresse, le Chêne pédonculé recherche les sols frais, profonds et bien alimentés en eau. On le trouve dans les forêts de plaine, les fonds de vallée et les terrains alluviaux du val de Saône, de la Loire nivernaise et de l'Yonne, ainsi que dans les boisements de la Bresse et de la Puisaye. Il débourre tôt au printemps, ce qui l'expose parfois aux gelées tardives.

Un pilier de biodiversité

Peu d'arbres accueillent autant de vie. Le Chêne pédonculé est un réservoir de biodiversité : son feuillage nourrit des centaines d'espèces de chenilles, ses glands sont une ressource majeure pour geais, écureuils et sangliers, et son bois vieillissant devient un habitat à part entière.

Les vieux chênes et le bois mort sur pied abritent en effet un cortège exceptionnel d'insectes saproxyliques — ceux qui dépendent du bois en décomposition. Le plus emblématique est le Grand Capricorne, dont les larges galeries larvaires percent les troncs, mais aussi de nombreux coléoptères, champignons et oiseaux cavernicoles. Ces micro-habitats — cavités, écorces décollées, branches mortes — mettent des décennies à se former.

Le conserver

Préserver la biodiversité forestière passe par le maintien de vieux arbres et d'îlots de sénescence, où quelques chênes sont laissés vieillir et mourir sur place. C'est aujourd'hui l'un des leviers reconnus pour soutenir la faune saproxylique dans les forêts gérées de Bourgogne. Le Chêne pédonculé demeure par ailleurs une essence de production de premier plan, appréciée pour la qualité de son bois ; concilier exploitation et conservation du bois mort est tout l'enjeu d'une sylviculture attentive à la vie qui grouille dans les futaies anciennes.

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Sources & références

  1. Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) — Quercus robur.
  2. Office national des forêts — essences forestières de Bourgogne.

Planche mise à jour le 26 juillet 2026.