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Stratégie & Biodiversité
de Bourgogne

Atlas naturaliste · Faune · Flore · Milieux


Planche N°51 · Insectes & invertébrés

Guêpe rousse

Vespula rufa Linnaeus, 1758

Règne Animal Classe Insectes Ordre Hyménoptères Famille Vespidés
Guêpe rousse (Vespula rufa)
Guêpe rousse — Vespula rufa, sur une ombellifère. © Richard Bartz, Munich aka Makro Freak / Wikimedia Commons — CC BY-SA 2.5

Souvent appelée « guêpe rouge », la guêpe rousse est une guêpe sociale de taille modeste, reconnaissable aux marques rousses des premiers segments de son abdomen. Discrète, peu agressive, elle niche dans le sol des prairies et des lisières de Bourgogne et disparaît dès la fin de l'été.

La guêpe rousse (Vespula rufa) est l'espèce que désigne le plus souvent l'expression « guêpe rouge » en France métropolitaine. Membre du genre Vespula et de la famille des Vespidae, comme la guêpe commune et la guêpe germanique, elle s'en distingue par une coloration moins contrastée, où le roux remplace une partie du jaune, et par un mode de vie bien plus effacé.

Comment la reconnaître ?

Trois caractéristiques permettent d'identifier une guêpe rousse à l'œil nu ou sur photo :

  • les deux premiers segments abdominaux portent des taches rouge-rousse à brun-rouge, sur un fond noir, là où les autres guêpes sociales n'ont que du jaune ; le reste de l'abdomen est rayé de jaune pâle et de noir ;
  • le thorax est noir avec des marques jaunes réduites, et la face porte peu de dessins ;
  • la taille est petite pour une guêpe sociale : 11 à 14 mm pour les ouvrières, 16 à 20 mm pour la reine.

Attention aux homonymes. Aux Antilles, la « guêpe rouge » de Martinique et de Guadeloupe est un poliste (Polistes), une guêpe aux longues pattes pendantes. En Bourgogne, une grosse « guêpe rousse » de plus de 2 cm est un frelon européen, dont la tête et le thorax sont brun-roux ; et une guêpe fine, élancée, posée sur un rayon nu sous un rebord, est une guêpe poliste. Pour le détail des espèces françaises, le guide de notre partenaire sur les espèces de guêpes en France propose un comparatif.

Écologie et mœurs

La guêpe rousse est une espèce sociale à cycle annuel court. La reine, seule survivante de l'hiver passé sous une écorce ou dans le bois mort, fonde son nid en mai, presque toujours dans le sol : un terrier de rongeur abandonné, une cavité sous une souche ou un talus. Le nid, en papier gris-brun, reste petit : quelques centaines de cellules, rarement plus d'une poignée de rayons, pour une colonie qui ne dépasse guère 200 à 400 individus à son apogée. C'est dix fois moins qu'une guêpe commune.

Les ouvrières chassent mouches, chenilles et pucerons pour nourrir les larves, et consomment nectar et miellat. La colonie atteint son maximum en juillet ; les mâles et les futures reines apparaissent en août, et le nid est déjà mort en septembre, avant même la période où les autres guêpes envahissent les tables. C'est pour cela que la guêpe rousse s'invite rarement aux repas de fin d'été : son calendrier se termine plus tôt.

Particularité remarquable, la guêpe rousse est l'hôte d'un parasite social, Vespula austriaca, la guêpe autrichienne : cette espèce sans ouvrières s'introduit dans le nid, élimine la reine et fait élever sa propre descendance par les ouvrières rousses. Un cas de parasitisme encore peu documenté en Bourgogne, qui mérite les observations des naturalistes.

Habitat et répartition en Bourgogne

Présente dans toute l'Europe tempérée, la guêpe rousse est répandue mais discrète dans les quatre départements. Son habitat de prédilection : prairies, pelouses sèches, lisières et clairières, bocage, bords de chemins et talus bien exposés, où le sol offre des cavités pour nicher. On la rencontre du Morvan aux plateaux calcaires de l'Yonne et de la Côte-d'Or, des prairies de l'Auxois aux bords de Loire nivernais. Elle fréquente volontiers les ombellifères (carotte sauvage, berce) et les plantes à fleurs ouvertes pour boire du nectar. Elle est moins fréquente dans le bâti et les espaces publics urbains que ses cousines, et l'on ne la rencontre presque jamais dans une maison.

Piqûre et danger : une guêpe peu agressive

Un risque réel seulement au-dessus du nid

Comme toutes les guêpes sociales, la guêpe rousse est venimeuse et sa piqûre est douloureuse, avec la réaction locale habituelle (rougeur, gonflement) et le même risque d'allergie que pour les autres espèces. Mais elle ne défend son nid que lorsqu'on marche dessus ou qu'on le piétine en fauchant : loin de la colonie, elle fuit. Les piqûres de guêpe rousse sont rares et concernent surtout les travaux au sol en juillet.

Faut-il se débarrasser des guêpes rousses ? Presque jamais. La colonie est petite, meurt d'elle-même dès la fin août, et rend service en régulant mouches et chenilles. Un nid découvert dans un talus à l'écart se laisse en paix ; une entrée de nid située en plein passage ou près d'une aire de jeux peut être signalée par un piquet et contournée jusqu'à l'automne. Seul un nid dans un endroit réellement fréquenté par des enfants ou une personne allergique justifie une intervention, à confier à un professionnel plutôt qu'à l'eau bouillante ou à l'aérosol, qui blessent plus souvent qu'ils ne traitent.

Une espèce à observer plutôt qu'à craindre

Peu connue du grand public, la guêpe rousse est un bon indicateur de prairies et de lisières en bonne santé, riches en insectes proies et en cavités naturelles. Ses colonies modestes participent à l'écosystème sans jamais devenir nuisibles. Photographiez l'abdomen de profil pour mettre en évidence les taches rousses, notez la date et le milieu, et versez l'observation sur Faune-France ou iNaturalist : les données bourguignonnes sur Vespula rufa et son parasite Vespula austriaca restent clairsemées.

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Sources & références

  1. Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) — Vespula rufa.
  2. Muséum national d'Histoire naturelle — Hyménoptères Vespidés de France.
  3. Archer M. E. (1989), A key to the world species of the Vespinae (Hymenoptera).

Planche mise à jour le 7 octobre 2026.