
Seule tortue d'eau douce indigène de Bourgogne, la cistude d'Europe se réchauffe au soleil sur les berges des étangs de Bresse et du Val de Saône. Espèce d'intérêt communautaire, elle est discrète et menacée.
La cistude d'Europe (Emys orbicularis) est la seule tortue d'eau douce indigène de Bourgogne. Petite tortue sombre à la carapace mouchetée de jaune, elle passe l'essentiel de son temps dans l'eau, ne s'exposant au soleil que pour se réchauffer sur un tronc ou une berge — à la moindre alerte, elle plonge et disparaît.
Comment la reconnaître ?
Discrète, elle se laisse rarement approcher, mais quelques traits la caractérisent :
- une carapace bombée de 15 à 20 cm, brun-noir ponctuée de fines taches et rayons jaunes ;
- une peau sombre finement piquetée de jaune sur la tête et les pattes ;
- des pattes palmées et griffues, adaptées à la nage ;
- un œil clair à iris souvent jaune (mâle) ou plus pâle (femelle).
Attention à ne pas la confondre avec la tortue de Floride, espèce exotique aux tempes marquées de rouge, souvent relâchée dans les plans d'eau et concurrente de la cistude.
Écologie et mœurs
La cistude fréquente les étangs, mares, bras morts, marais et fossés bien végétalisés, aux eaux calmes et riches en proies. Carnivore et détritivore, elle consomme invertébrés aquatiques, larves, mollusques et charognes. Active de mars à octobre, elle hiverne enfouie dans la vase. En juin, la femelle quitte l'eau pour pondre ses œufs dans un sol meuble et ensoleillé, parfois à plusieurs centaines de mètres du plan d'eau ; le sexe des jeunes dépend de la température d'incubation. Sa longévité exceptionnelle contraste avec un renouvellement lent des populations.
Répartition en Bourgogne
En Bourgogne, la cistude est surtout liée aux zones humides du sud de la région : étangs de la Bresse et du Val de Saône en Saône-et-Loire, et secteurs d'étangs de la Nièvre. Ses noyaux de population y sont localisés et fragiles, tributaires de la conservation des réseaux d'étangs.
Statut et protection
Intégralement protégée en France et inscrite aux annexes II et IV de la directive Habitats, la cistude d'Europe figure en préoccupation mineure sur la liste rouge nationale, mais reste très sensible localement. Ses menaces sont la destruction des zones humides, la concurrence des tortues exotiques, la mortalité routière des femelles en ponte et la destruction des sites de ponte. La préservation des complexes d'étangs et de leurs abords terrestres est déterminante.
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Sources & références
- Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) — Emys orbicularis.
- UICN Comité français — Liste rouge des reptiles de France métropolitaine.
Planche mise à jour le 26 juillet 2026.



