
Avec sa livrée noire et jaune inimitable, la salamandre tachetée hante les forêts humides du Morvan. Nocturne et inféodée aux ruisseaux forestiers, elle apparaît volontiers les soirs de pluie.
La salamandre tachetée (Salamandra salamandra) est sans doute le plus reconnaissable des amphibiens de Bourgogne. Sa robe noir laqué maculée de jaune vif ne prête à aucune confusion et lui a valu son surnom de « salamandre de feu ». Discrète et nocturne, elle est intimement liée aux forêts fraîches et aux ruisseaux du Morvan et des massifs boisés régionaux.
Comment la reconnaître ?
Aucun autre amphibien régional ne lui ressemble :
- un corps massif et luisant, de 15 à 22 cm, à peau lisse ;
- une coloration noire ornée de taches ou bandes jaunes au dessin propre à chaque individu ;
- une tête large portant de grosses glandes parotoïdes derrière les yeux ;
- une allure lente, terrestre, sans crête ni palmure.
Ces glandes sécrètent des substances toxiques qui la protègent des prédateurs ; les couleurs vives sont un signal d'avertissement (aposématisme).
Écologie et mœurs
Strictement nocturne et lucifuge, la salamandre reste cachée le jour sous les souches, les pierres ou le bois mort, et sort par les nuits douces et pluvieuses. Elle chasse limaces, vers et insectes au sol. Sa reproduction est remarquable : ovovivipare, la femelle ne pond pas d'œufs mais dépose ses larves déjà écloses dans les eaux claires et fraîches de ruisseaux, sources et suintements forestiers. Elle dépend donc à la fois de boisements humides et d'un réseau hydrographique de bonne qualité.
Répartition en Bourgogne
Le Morvan, avec ses forêts fraîches, ses ruisseaux à truite et son climat humide, constitue un véritable château d'eau et un bastion pour l'espèce. On la rencontre aussi dans les massifs boisés de la Côte-d'Or, du Châtillonnais, de la Puisaye et du Charolais, partout où subsistent forêts de feuillus et petits cours d'eau propres.
Statut et protection
Protégée en France, la salamandre tachetée est classée en préoccupation mineure sur la liste rouge nationale. Elle demeure toutefois sensible à la dégradation des ruisseaux forestiers, à la mortalité routière lors des nuits de migration, et à l'émergence de maladies affectant les amphibiens. La préservation des forêts humides et de la qualité des eaux courantes lui est essentielle. Espèce longévive et fidèle à ses sites, elle se maintient là où subsistent un couvert forestier continu et des ruisselets non pollués, mais reparaît difficilement une fois disparue d'un secteur.
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Sources & références
- Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) — Salamandra salamandra.
- UICN Comité français — Liste rouge des amphibiens de France métropolitaine.
Planche mise à jour le 26 juillet 2026.



